Après la première étape d’une tournée nationale dans le nord à la mi-mai, le président de la transition Mahamat Idriss Déby Itno a bouclé lundi la 2e étape qui l’avait conduit dans sept provinces dans le sud du pays dont le Mandoul, le Moyen Chari, le Logone oriental et occidental. Déplacement qui a commencé le 5 juin dernier dans des régions jugées peu favorables au pouvoir. Que peut-on retenir de cette tournée du président tchadien ?
De Doba, ville pétrolière sans infrastructures, à Pala qui attend une voie bitumée depuis plus de dix ans, Mahamat Idriss Déby a multiplié les promesses dénonçant au passage la mauvaise gestion des fonds publics sans toutefois désigner de coupables.
Bain de foule, apparition inopinée à un concert à Moundou pour entonner un refrain appelant à la réconciliation, toutes ces actions font dire à ses partisans que le président de transition a réussi le délicat exercice de communion avec la partie méridionale du pays.
C’était une visite à haut risque, ont estimé plusieurs observateurs. Car tout comme une partie de la capitale N’Djamena, le sud du pays garde encore les séquelles et le traumatisme de la violente répression des manifestations du 20 octobre 2022 et des attaques contre des villages en mai comme à Andoum, et Bara. Des attaques qui ont fait plusieurs morts.
Mahamat Idriss Déby savait qu’il n’était pas en terrain conquis; ce qui ne l’a pas empêché d’aller dans ces zones qui lui sont peu favorables. Surtout que selon des témoins, dans certaines villes visitées, les autorités locales ont à chaque fois affrété des camions qui sont allés chercher les populations dans les campagnes pour applaudir le président à son passage.
Chanceline banza