Kinshasa, 28 janvier 2026 —
L’Association Congolaise pour l’Accès à la Justice (ACAJ) a salué la condamnation de trois magistrats à Lubumbashi, tout en appelant à une lutte plus rigoureuse et systémique contre l’impunité au sein du système judiciaire congolais.
Dans un communiqué de presse rendu public ce jeudi et dont une copie est parvenue à la rédaction de Yaelnews.net, l’ACAJ indique avoir suivi avec une attention soutenue le procès en flagrance ayant conduit, le lundi 26 janvier 2026, à la condamnation de trois juges de la Cour d’appel de Kalemie ainsi que d’un opérateur économique, par la Cour d’appel du Haut-Katanga.
Il s’agit de Messieurs ZANTOKO MAYIKILA Hervé, MBELE LALO Christophe, condamnés chacun à 36 mois de servitude pénale, et de Monsieur ASANGA KABALO Raphaël, condamné à 15 mois de prison, pour faits de corruption.
L’opérateur économique KAFWIMBI KIWELE Joseph, reconnu corrupteur, a quant à lui été condamné à 24 mois de prison ferme.
L’ACAJ prend également acte des peines complémentaires prononcées à l’encontre des magistrats condamnés, notamment leur inéligibilité, leur interdiction d’accès aux fonctions publiques, ainsi que leur exclusion de toute responsabilité au sein des institutions bancaires et des marchés publics.
Toutefois, l’organisation de défense des droits humains déplore le caractère complaisant des peines privatives de liberté infligées aux juges, estimant que celles-ci auraient dû se situer entre 10 et 20 ans de prison ferme, au regard de la gravité des faits reprochés.
Selon l’ACAJ, ces magistrats ont non seulement trahi la confiance du peuple congolais, mais surtout celle des victimes directes et indirectes de faits de viol, dossiers pour lesquels ils étaient saisis. L’association regrette également l’absence d’indemnisation des victimes.
En conséquence, l’ACAJ exhorte le ministère public à exercer un pourvoi en cassation contre l’arrêt de la Cour d’appel du Haut-Katanga, tant pour la légèreté des peines que pour l’absence de réparation en faveur des victimes. À défaut, elle recommande au Ministre d’État, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, de faire usage de son pouvoir d’injonction.
Par ailleurs, l’ACAJ appelle la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) à sensibiliser ses membres afin qu’ils se départissent définitivement des pratiques de corruption, au risque de subir des sanctions similaires. Les fraudes douanières et fiscales, les spoliations de biens publics ou privés ainsi que le blanchiment de capitaux doivent, insiste-t-elle, être définitivement bannis en République démocratique du Congo.
La société civile et l’ensemble de la population sont également invités à redoubler de vigilance et à dénoncer toute pratique corruptive auprès des instances judiciaires compétentes.
Enfin, l’ACAJ annonce le lancement d’un plaidoyer actif auprès du Conseil Supérieur de la Magistrature, du Ministre d’État en charge de la Justice, de la Première Ministre ainsi que du Président de la République, afin que les trois magistrats condamnés soient révoqués de la magistrature.
Rédaction