Yaelnews. net : Monsieur Mokemo, vous êtes une figure connue de la scène politique congolaise. Candidat député provincial en 2023 dans la commune de Kalamu pour Ensemble pour la République, quel regard portez-vous sur ces élections ?*
Éric Mokemo Mangaly : Ces élections ont été une mascarade. Il ne s’agissait pas d’un exercice démocratique mais d’une vaste opération de fraude électorale. Nous avons été témoins de bourrages d’urnes, d’intimidations et de manipulations massives des résultats. Dans Kalamu, la population s’est exprimée en faveur du changement, mais sa voix a été étouffée par un système corrompu et déterminé à se maintenir au pouvoir coûte que coûte.
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Yaelnews.net : Monsieur Mokemo, vous êtes une figure de l’opposition et président du mouvement Jeunesse Debout. Quelle est votre lecture de la situation sécuritaire actuelle dans l’est de la RDC ?
Éric Mokemo Mangaly : La situation est catastrophique. Le M23, soutenu par le Rwanda, continue de semer la terreur dans l’est du pays. Depuis janvier, ils ont pris le contrôle de plusieurs villes, dont Goma et Bukavu, causant la mort de milliers de personnes et le déplacement de millions d’autres. Le gouvernement actuel a montré son incapacité à protéger les Congolais et à défendre l’intégrité territoriale de notre nation.
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Yaelnews.net : Vous avez récemment déclaré que le président Tshisekedi devrait démissionner. Pourquoi une telle position ?*
Éric Mokemo Mangaly : Parce qu’il a échoué. Sa mission première est de garantir la sécurité des citoyens et de défendre la souveraineté nationale. Or, sous son mandat, nous assistons à une dégradation sans précédent de la situation sécuritaire. Il est temps qu’il assume ses responsabilités et cède la place à une gouvernance capable de relever les défis actuels.
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Yaelnews.net : Certains membres de l’opposition, comme Moïse Katumbi et Joseph Kabila, sont accusés de chercher à déstabiliser le pays. Que répondez-vous à cela ?
Éric Mokemo Mangaly : C’est une manipulation politique. Moïse Katumbi, par exemple, a toujours prôné un dialogue inclusif pour résoudre la crise. Accuser l’opposition de déstabilisation est une manière pour le régime de museler les voix dissidentes et de détourner l’attention des vrais problèmes.
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Yaelnews.net : Craignez-vous que d’autres membres d’Ensemble pour la République soient contraints à l’exil ?*
Éric Mokemo Mangaly : Oui, c’est une réelle inquiétude. Le climat politique actuel est marqué par la répression et l’intimidation. Beaucoup de nos membres vivent dans la peur constante d’arrestations arbitraires ou de violences. Si cela continue, l’exil pourrait devenir la seule option pour ceux qui veulent continuer à s’exprimer librement.
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Yaelnews.net : Et sur le plan socio-économique ? Quel est votre constat aujourd’hui ?*
Éric Mokemo Mangaly : Le pays est en ruine. À Kinshasa, les routes sont devenues des pièges mortels, les hôpitaux manquent de tout, l’électricité et l’eau sont devenues un luxe. Le pouvoir d’achat est au plus bas, le taux de chômage explose, surtout chez les jeunes. C’est la conséquence d’un régime qui a fait de la mauvaise gouvernance une norme. Le peuple est abandonné, pendant que les dirigeants s’enrichissent.
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Yaelnews.net : Quel message souhaitez-vous adresser au peuple congolais en cette période difficile ?*
Éric Mokemo Mangaly : Je veux dire au peuple congolais de ne pas perdre espoir. Notre pays a traversé de nombreuses épreuves, et nous avons toujours su nous relever. Il est temps de se mobiliser, de réclamer nos droits et de travailler ensemble pour construire un avenir meilleur. Le changement est possible, mais il dépend de notre engagement collectif.
Rédaction