Kinshasa, le 19 septembre 2025 – Le ministre des Droits humains, Samuel Mbemba, a déclaré devant les professionnels des médias que les atrocités commises dans l’Est de la République Démocratique du Congo constituent bel et bien des actes de génocide, qui doivent interpeller la conscience universelle.

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Il a invité la communauté internationale à condamner définitivement les massacres commis par l’Armée Patriotique Rwandaise et d’autres groupes armés, tels que le RCD, le CNDP, le M23, l’AFC/M23, ainsi que des groupes armés étrangers dont les FDLR, ADF-NALU et LRA.
Des crimes qualifiés de génocide
Dans son discours, le ministre a rappelé que depuis plusieurs décennies, l’Est de la RDC demeure le théâtre d’atrocités extrêmes relevant de crimes de génocide. Il a souligné qu’il est indispensable de rappeler cette qualification, afin de mettre en lumière des actes relevant de la conscience humaine, et d’adresser un appel solennel pour que justice soit rendue aux victimes.
La justice, tant nationale qu’internationale, doit intervenir pour mettre un terme à ces violences. Selon l’article 2 de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide des Nations Unies, le génocide s’entend de l’un quelconque des actes commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, notamment :
• meurtres de membres du groupe ;
• atteintes graves à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe ;
• soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence entraînant sa destruction physique totale ou partielle ;
• mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe ;
• transfert forcé d’enfants du groupe à un autre groupe.
Preuves documentées
Divers rapports officiels, tels que le Rapport Mapping du Haut-Commissariat aux droits de l’homme, les rapports successifs des experts de l’ONU, le rapport final S/2025/446 du 3 juillet 2025, le rapport S/2025/403 du 23 juin 2025, ainsi que les résolutions S/RES/2765 (2024), S/RES/2773 (2025) et A/HCR/RES/S-37/1 du 7 février 2025, établissent de graves violations des droits humains en RDC.

Ces documents dénoncent des massacres ciblés, épurations ethniques, destructions et repeuplements de villages, exécutions sommaires et violences sexuelles massives utilisées comme armes de guerre.
Exemples de massacres commis depuis 1996
• Tingi-Tingi : entre 100 000 et 300 000 réfugiés hutus tués par l’Armée Patriotique Rwandaise ;
• Kalima : 200 réfugiés massacrés dans les territoires de Pangi et Kasongo ;
• Makobola : 800 personnes tuées et des centaines de maisons incendiées ;
• Kasika : plus de 1 000 civils massacrés, dont des femmes enceintes, des enfants et un prêtre assassiné dans une église ;
• Kamituga : des dizaines de personnes brûlées vives et des habitations incendiées ;
• Kishishe, Kibumba, Kitchanga, Maboya, Kanyabayonga, Bwito, Minova, Goma : massacres récents perpétrés par le M23 et ses alliés.
Bilan humain dramatique
On dénombre plus de 10 millions de morts et des millions de victimes encore vivantes : femmes violées, orphelins, déplacés internes.
À ce jour, le Rwanda et ses supplétifs poursuivent leurs actes odieux de massacres et de destructions dans l’Est du Congo.
Un appel solennel
Le ministre Samuel Mbemba a lancé un cri d’alarme :
« Les atrocités commises dans l’Est de la RDC sont bel et bien des actes de génocide, qui doivent interpeller la conscience universelle. »
Il a appelé :
• l’opinion nationale à s’approprier le combat de la reconnaissance du génocide commis en RDC, combat initié par le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo ;
• la communauté internationale, face à l’évidence des rapports crédibles, à faire preuve de solidarité avec les victimes et à briser le silence.
HLM
