TSHISEKEDI, l’architecte discret d’un renversement diplomatique majeur

 

Par Alain Kyungu Mushidi


Dans cette tribune, Alain Kyungu Mushidi analyse la portée historique de l’accord de paix signé à Washington, le 4 décembre 2025, entre la République démocratique du Congo et le Rwanda. Pour lui, ce moment n’est pas un hasard diplomatique, mais l’aboutissement d’une stratégie mûrement réfléchie et patiemment mise en œuvre par le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Dès 2019, le Chef de l’État congolais opte pour une politique d’ouverture contrôlée envers Kigali, non par naïveté, mais pour éprouver les intentions réelles de ses interlocuteurs régionaux. Cette démarche expose progressivement les responsabilités et met fin aux zones grises qui entretenaient l’ambiguïté autour du rôle du Rwanda dans l’instabilité de l’Est.

Le tournant survient en décembre 2024, lors du processus de Luanda : Paul Kagame refuse de signer l’accord prévu, révélant au grand jour, devant l’Afrique et ses partenaires, une duplicité jusqu’alors contenue dans les codes feutrés de la diplomatie régionale.

Washington consacre alors la bascule. Sous l’œil de la communauté internationale, Paul Kagame appose finalement sa signature sur un accord qu’il avait constamment évité. Tshisekedi réussit ainsi à sortir la crise congolaise du huis clos continental pour l’installer sur la scène mondiale, là où les responsabilités ne peuvent plus être dissimulées.

Par sa constance, sa méthode et sa vision, Félix Tshisekedi repositionne la RDC au centre du jeu géopolitique régional et opère un véritable renversement diplomatique. Un tournant historique dont il demeure l’architecte discret.

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